Extrait de journal intime #81 Dans le Repaire de Gruul

vendredi 12 octobre 2007
par  Benoît
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Cher journal,

Lorsque nous sommes arrivés dans les Tranchantes, cette terre redoutable aux pics acérés, loin dans le Nord des régions désolées de l’Outreterre, je me sentais sûre de moi. Notre équipe était solide, préparée à mener ce combat.

Nos griffons volaient en formation serrée, zigzaguant entre les pointes rocheuses qui nous barraient le passage sur la route menant au repaire de terrible Tueur de Dragon. Le paysage était l’image même de la désolation. Gruul avait empalé sur les roches les dépouilles de ses gigantesques victimes, comme de vulgaires corbeaux cloués à une porte par quelque sinistre prédicateur. C’était effrayant. Comment une seule créature pouvait-elle venir à bout de tels adversaires ? Les dragons restent parmi les plus puissants êtres de toute la création mais Gruul ne semblait pas s’arrêter à cela et il les considérait plutôt comme des proies apparemment assez facile pour que son tableau de chasse s’étendre sur toute la vallée.

Le vent chaud des Tranchantes soufflait sur mon visage pendant que nous entamions un piquet sur le gouffre où nous avions repéré l’antre du monstre. Notre tactique était simple. Il fallait prendre Gruul par surprise. Qu’il n’ait pas le temps d’appeler à son aide la horde d’ogres qui hantaient la région. Qu’il soit pris au piège de sa propre caverne, et qu’elle devienne son tombeau.

Au pied de la falaise, nous attendait la Horde. Les Titans seuls savent ce qu’ils faisaient là... un campement de Taurens et d’Orcs, principalement, semblait avoir été dressé à la hâte non loin de l’entrée de la caverne. Si notre arrivée était imprévue pour le Tueur de Dragons, la leur n’avait pas dû l’être... Gruul devait donc être sur ses gardes.

Il était trop tard pour faire marche arrière. Sans hésiter, nous avons redressé le vol pour nous engouffrer dans l’antre.

L’odeur, là-dedans, était pestilentielle. La puanteur d’une montagne de charogne aurait été un doux parfum d’été en comparaison de l’atroce flot qui nous embrasa les narines dès notre entrée dans cette sombre caverne. Nul doute que le monstre vivait là. Car seul un monstre effroyablement résistant pouvait survivre à une telle infection.

Tout en espérant que ma robe de soigneuse ne soit pas définitivement imprégnée par cette odeur, je mis pied à terre. Nous nous sommes rassemblés rapidement, et c’est en murmurant que nous nous sommes mis d’accord sur nos positions. L’expédition était ambitieuse. Pour l’occasion, mes frères et sœurs d’Heptacle s’étaient associés à la guilde Aube Rouge. Des mortels d’une redoutable efficacité au combat, dont nous avions pu éprouver la solidité lors de notre précédente reconnaissance dans l’ancienne forteresse du mage Medhiv. Nos compagnons d’armes étaient encore peu connus de la plupart d’entre nous, mais la confiance s’installe vite lorsqu’on se sauve mutuellement la vie au combat. Des liens, déjà, se tissaient entre certains, sous le regard bienveillant de notre guide, Sabayha, et du chef d’Aube Rouge, le puissant guerrier Erondel.

Nous n’avons pas mis longtemps à sortir nos armes et à nous mettre en position de combat. Quelques uns d’entre nous étaient partis en reconnaissance plus loin dans la caverne et rapportaient à nos chef la présence d’ogres devant l’entrée d’une vaste caverne. La situation se compliquait...

Pendant que j’échangeais avec une prêtresse d’Aube Rouge quelques recettes de cuisine à base de poissons rares, un plan fut mis au point. Il fallait percer les défenses ogres et foncer droit sur Gruul. Sauf erreur, le Tueur de Dragons était maintenant coincé au fond de son trou. Derrière nous, la Horde bloquait la sortie. Nous n’avions plus qu’à avancer et refermer le filet sur le monstre.

Le premier combat fut rapide, mortellement efficace. Les ogres ne nous avaient pas entendu entrer et nous leur sommes tombés dessus en jaillissant des ombres du tunnel. Les éclairs de magie fusaient de partout mais je m’efforçais de rester concentrée sur les blessures de mes vaillants frères d’armes.

Mais le fracas des armes avait attiré d’autres ogres, et les combats s’enchaînèrent. Tant bien que mal nous continuions de progresser dans le couloir de pierre, tombant les défenseurs les uns après les autres.

C’est Syllenia qui est revenu de l’avant-garde en annonçant la nouvelle : Maulgar ! Maulgar, le tout-puissant roi des ogres corrompus des Tranchantes, était en pourparlers avec le redoutable Gruul. Voilà pourquoi il y avait tant d’ogres autour de nous ! Mais pour nous, c’était l’occasion de rendre notre combat deux fois plus utile : nous pouvions, d’une pierre deux coups, éliminer deux redoutables menaces qui planaient sur l’Outreterre.

Maulgar n’était pas venu seul. Sa garde rapprochée nous opposa une âpre résistance. Chacun d’entre nous dû offrir le meilleur de lui-même pour vaincre. Mais notre alliance commençait déjà à porter ses fruits. Je me concentrais sur Sabayha, pour la protéger des coups les plus rudes, avant de venir en aide aux plus blessés d’entre nous. Deux ou trois perdirent conscience, sous les coups puissants assenés par les ogres... mais Maulgar finit par tomber, dans un grondement sourd.

D’un œil inquiet, je vis tomber du plafond de pierre quelques grains de poussière... la caverne n’était pas si solide...

À cette heure, le puissant Gruul devait être au courant de notre intrusion. Le vacarme des sorts lancés pendant le combat n’avait pas pu passer inaperçu. Il se préparait à mener sa propre bataille, pendant que son allié nous retenait à sa porte.

Revigorés par cette première victoire, nous avons repris notre avancée. Le couloir était plus vaste, comme si nous approchions d’une caverne encore plus immense. De nombreux gardes se précipitaient sur nous. Les grognements farouches de nos druides, métamorphosés en ours, se mêlait aux grondements des sortilèges qui griffaient l’air de toutes parts.

Enfin, nous sommes arrivés devant une large et haute porte de bois... Un porche ignoble, orné de scalps de toutes créatures... l’accès à une caverne titanesque... au centre de laquelle, grand comme un clocher... Gruul.

Le Tueur de Dragons était impressionnant. Il était brun, sombre et râpeux, protégé par un cuir plus épais que celui des dragons qu’il tuait par plaisir. Son visage était d’une laideur repoussante, sa bouche béante laissait tomber un filet de bave gluant qui s’amassait en une mare verdâtre à ses pieds, ou plutôt ses pattes, larges et griffues, couvertes d’une crasse séculaire. Et cette odeur... animale, infernale, plus forte que jamais.

Le combat était là !

Nos tactique était simple : le monstre était seul, nous étions vingt-cinq. Il fallait l’encercler pour lui rendre impossible de nous combattre tous ensemble. Pendant que ceux devant lui encaissaient ses terribles coups, capables de terrasser des dragons, tout autour, les autres soignaient, protégeaient ceux qui menaient le corps-à-corps... et surtout, artillaient, envoyaient leurs sortilèges les plus puissants sans discontinuer ! La mêlée était indescriptible ! Dans sa fureur, piqué de milles blessures, le monstre hurlait sa rage, cognait sur le sol avec sa force colossale... le plafond, sous la vibration, s’effondrait au milieu des combattants, semant la pagaille, causant des blessures dans nos rangs. Mais nous étions disciplinés, organisés, prêts à ce combats. Chacun, malgré la douleur, reprenait sa place, continuait de harceler la créature. Celle-ci, dans sa rage, semblait encore grandir et gagner en force au fil du combat. Plus nous blessions Gruul, plus sa situation devaient désespérée, plus il frappait fort...

Les nôtres souffraient, mon esprit résonnait si puissamment de leurs cris... Au milieu d’un nuage de poussière, j’ai vu Sabayha, sous sa forme d’ours, tomber sur le flanc. J’ai pris peur. Et si Gruul était trop fort pour nous ? Et si nous ne pouvions vaincre celui qui tue les dragons ? Erondel ordonna le repli. Gruul ricana en faisant résonner toute sa caverne à demi effondrée. Ceux qui étaient encore debout, courageusement, tirèrent avec eux les corps des blessés. Au dernier moment, Gruul enclencha la fermeture de la grande porte de bois pour tenter de nous enfermer, mais nous fûmes plus rapides. J’ai plongé dans un rouler-bouler pour me faufiler. L’instant d’après, nous haletions, tous blessés et épuisés, adossés à la porte derrière laquelle Gruul rageait et trépignait, faisant trembler les murs de son antre.

La première tentative s’était soldée par une retraite... mais notre magie était puissante. Une fois au calme, ma concentration et celle des autres soigneurs eurent tôt fait de remettre notre raid d’aplomb. Selon l’avis de tous, la tactique était bonne. Il fallait continuer à harceler Gruul sans discontinuer, mais également veiller au plafond qui menaçait à chaque instant de nous ensevelir dans un nuage de poussière et de pierres.

Quand la porte s’est ouverte de nouveau, le hurlement de Gruul s’est étranglé dans sa gorge de géant. Cette odeur, si forte, sentait maintenant la peur. Le Tueur de Dragons, qui pensait que nous avions fui après la fermeture de la porte, commençait à douter de lui. Et cette peur, nous la sentions. Elle était pour nous comme une liqueur de courage, un baume pour nos blessures.

À nouveau le combat fit rage. Le sol tremblait, les murs s’effondraient, j’ai vu des corps voler d’un bout à l’autre de la caverne pendant que je soignais mes amis qui frappaient sa faiblir le monstre au centre de la caverne, illuminée par les flammes et les explosions magiques. À la fin, il était devenu si grand que son front heurtait le plafond. Il essayait de nous piétiner en beuglant de douleur et de rage. Je voyais de plus en plus des nôtres qui gisaient, blessés ou inconscients, autour de moi, mais je n’avais pas le temps de les secourir : il fallait d’abord s’occuper de ceux qui tenaient encore bon, cognant encore et encore le monstre.

Et soudain, sans prévenir, alors qu’il frappait plus fort que jamais, l’immense corps de Gruul s’arrêta... et tomba. Sa masse gigantesque mit un temps incroyable à finir de s’écraser au sol. Un nuage de poussière se souleva. Un court silence. Et les vivats. Les exclamations de joie de mes camarades et moi, pris par l’euphorie de la victoire. Enfin, Gruul, le légendaire et terrifiant Tueur de Dragons, était déchu. Il gisait sur le sol de son antre.

Nous avions vaincu.


Merci à la guilde Heptacle, à la guilde Aube Rouge et à Galvion, du royaume La Croisade écarlate, sur World of Warcraft.


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